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Après
plus d’un an et demi d’investigations, le comité d’experts nationaux chargé d’évaluer l’impact de l’exploitation de l’uranium à Arlit a remis, le 28 février, son rapport au chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Ce document volumineux dresse un bilan critique de plus de cinq décennies d’activité minière et met en lumière des atteintes majeures à l’environnement et aux écosystèmes locaux.
L’étude embrasse l’ensemble du cycle d’exploitation, depuis le démarrage des activités en 1968 jusqu’à 2025. Les experts ont passé au crible les interactions entre l’extraction et le traitement du minerai d’uranium et les différentes composantes environnementales : sols, eaux, biodiversité et écosystèmes sahariens.
Selon Abdou Moumouni Abdourazak, membre du comité et conseiller spécial du Président en charge des Mines, les conclusions sont particulièrement préoccupantes. Il évoque des « problèmes majeurs » laissés par l’opérateur Orano, dont l’activité, sur plus de cinquante ans, ont engendré des conséquences « plus que dramatiques » sur l’écosystème local, avec des effets susceptibles de s’inscrire sur des décennies, voire des siècles.
Le rapport met en cause une exploitation qualifiée de « cynique » par les experts, soulignant l’ampleur des impacts cumulés. Au-delà de la seule production minière, c’est l’empreinte environnementale globale qui est interrogée : dégradation des matrices environnementales, perturbations durables des équilibres naturels et vulnérabilisation d’un territoire déjà fragile sur le plan climatique.
Présidé par le professeur Adamou Rabani, le comité a conduit une analyse exhaustive de la durée de vie des mines d’uranium. La remise du rapport au chef de l’État marque une étape institutionnelle importante.
L’uranium nigérien a longtemps occupé une place centrale dans l’économie nationale et dans les partenariats énergétiques internationaux. Mais l’heure semble désormais à l’évaluation critique du modèle d’exploitation hérité du passé.
La présentation de ce rapport intervient dans un contexte où la souveraineté sur les ressources naturelles constitue un axe majeur des orientations nationales. La question environnementale y apparaît désormais indissociable de la souveraineté économique : exploiter ne suffit plus, il faut aussi préserver.
En révélant l’ampleur des impacts écologiques accumulés depuis 1968, le rapport ouvre un débat de fond sur la conciliation entre développement minier, protection de l’environnement et responsabilité envers les générations futures.
Source: Nigerdiaspora